Protagoras

Protagoras est un philosophe sophiste né dans la ville d’Abdère (Thrace) en 491 avant J.-C. et mort dans un naufrage en 420 avant J.-C.

Il a fondé la doctrine philosophique du relativisme, qui postule que nous ne disposons pas de critères absolus pour discerner la vérité ou la fausseté d’une chose.

Protagoras a été accusé d’impiété et d’athéisme parce qu’il affirmait que les religions et les dieux étaient des conventions humaines.

Protagoras a voyagé dans toute la Grèce, s’est rendu fréquemment à Athènes et a acquis un grand prestige auprès des hommes politiques. L’un d’entre eux, Périclès, le célèbre homme d’État d’Athènes, lui demande d’élaborer une nouvelle législation pour la colonie panhellénique de Turi.

Démocrite et Protagoras, par Salvator Rosa
Démocrite et Protagoras, par Salvator Rosa, 1664

Œuvres

Protagoras d’Abdère aurait écrit un ouvrage intitulé Les Antilogies, mais malheureusement l’œuvre s’est perdue au fil du temps, ne laissant comme traces de son existence que quelques fragments et témoignages. Autres œuvres qui lui sont attribuées :

  • Sur la Vérité
  • Sur les dieux (Un ouvrage qui a probablement servi de preuve pour l’accuser d’impiété.)
  • De l’être

Relativisme

Protagoras a défendu le relativisme philosophique, selon lequel la connaissance humaine n’a pas de critères pour établir la vérité ou la fausseté des affirmations, ce qui rend tout relatif.

Sa célèbre phrase illustre sa doctrine relativiste :

L’homme est la mesure de toutes choses, des choses qui sont, pendant qu’elles sont, et des choses qui ne sont pas, pendant qu’elles ne sont pas.

Lorsque Protagoras utilise le terme « mesure », il fait référence à une « règle » ou à une « norme » qui établit quelque chose. L’expression « toutes choses » englobe tous les faits et toutes les expériences humaines. Protagoras affirme ainsi que l’homme est la mesure finale de toute connaissance.

Le principe du relativisme, exprimé dans cette phrase, est devenu célèbre parmi tous les philosophes relativistes de l’Occident. Par ce principe, Protagoras nie toute doctrine philosophique établissant un critère absolu permettant de distinguer le vrai du faux.

Le seul critère est l’homme. Chacun est son propre critère pour définir ce qui est bien ou mal, vrai ou faux. C’est ce que dit Protagoras :

Telle que chaque chose m’apparaît, telle elle est pour moi ; telle qu’elle t’apparaît, telle elle est pour toi. Pour ceux qui ont froid, il fait froid ; pour ceux qui n’ont pas froid, il ne fait pas froid.

Morale

Une fois qu’il a été établi qu’il n’existe pas de critère absolu pour déterminer le vrai et le faux, il n’existe pas non plus de critère absolu pour déterminer le bien et le mal.

En raison du relativisme, Protagoras est contraint d’affirmer qu’il n’existe pas de valeurs morales absolues. Pour surmonter cet obstacle, il préconise une forme d’utilitarisme moral, selon lequel il y a toujours quelque chose de plus commode ou de plus opportun à faire dans chaque situation pratique de la vie. Le sage est celui qui sait discerner ce qui est utile et commode pour lui-même et qui est capable de convaincre les autres de reconnaître ce qui est le plus opportun.

Dans ce cas, le mal et le bien sont compris comme quelque chose d' »utile » et de « moins nuisible » pour l’individu.

Comment rendre un argument faible plus fort ?

En raison de son relativisme, Protagoras prétendait qu’il était possible de transformer un argument faible en un argument fort.

Malgré cela, Protagoras n’a pas soutenu l’utilisation de cette technique rhétorique pour justifier l’injustice. Il a enseigné cette méthodologie comme une technique d’argumentation, pour démontrer qu’il était possible de défendre avec succès un argument qui, dans certaines circonstances, pouvait être considéré comme faible.

Grâce à cette technique, n’importe quelle opinion peut l’emporter sur l’opinion adverse. La méthodologie de Protagoras a encouragé les jeunes de son époque à entrer dans la vie politique, dans les tribunaux ou les assemblées grecques, où une bonne argumentation était toujours appréciée et nécessaire.

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